4 questions sur les suites de la crise politique en Italie

La crise politique se poursuit en Italie. Dimanche soir, Giuseppe Conte, le juriste présenté par la Ligue du Nord (extrême-droite) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème) pour devenir Premier ministre a annoncé qu’il renonçait à former un gouvernement. En cause : un désaccord avec le président de la République, Sergio Matarella, concernant la nomination de l’eurosceptique Paolo Savona au poste de ministre des Finances. Sergio Matarella a désigné un premier ministre par intérim. Les conséquences de cette crise politique restent incertaines.

Qui est Carlo Cottarelli, le nouveau Premier ministre par intérim ?

Carlo Cottarelli a été appelé ce matin à la tête du gouvernement par Sergio Mattarella. Economiste de 64 ans, M. Cottarelli sera vraisemblablement chargé de former un « gouvernement de techniciens » pour élaborer le budget 2019.

Carlo Cottarelli est connu des Italiens comme « monsieur Ciseaux » : après avoir été haut responsable au sein du Fond Monétaire International (FMI), il a été chargé de la révision des dépenses publiques en 2013 et a mis en oeuvre de nombreuses coupes budgétaires. Depuis la fin de l’année 2017, il était directeur de l’Observatoire des comptes publics et n’avait cessé de mettre en garde contre les coûts du programme de la coalition du Mouvement cinq Etoiles et de la Ligue du Nord.

Quelle est la réaction de la Ligue du Nord et du Mouvement Cinq Etoiles ?

 

« L’Italie n’est pas une colonie, nous ne sommes pas esclaves des Allemands ou des Français, du spread ou de la finance, » a tweeté Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue du Nord

Les deux partis populistes majoritaires ont fait valoir leur colère après la désignation de ce Premier ministre à contre-courant de leur ligne eurosceptique. Luigi de Maio, chef de file du Mouvement cinq Etoiles a eu les mots les plus forts, en appelant à la destitution du président Sergio Mattarella lors d’un entretien téléphonique avec une chaîne de télévision.

Une destitution du président est-elle envisageable ?

Luigi Di Maio a affirmé, lors d’un entretien téléphonique avec une chaîne de télévision, vouloir invoquer l’article 90 de la Constitution qui permet de mettre en accusation le président de la République pour « haute trahison » ou « s’il porte atteinte à la Constitution ». Concrètement, le président pourrait être destitué si le Parlement votait en ce sens à la majorité absolue, après enquête d’un comité de sénateurs et de députés, et avec l’accord de la Cour constitutionnelle. Une procédure fastidieuse, qui a implicitement pour objectif de protéger le chef de l’Etat, comme le rappelle La Repubblica. Aucun président de la République n’a jamais été destitué selon cette procédure par le passé.

Jusqu’à quand l’exécutif sera-t-il dirigé par Carlo Cottarelli ?

Le gouvernement devrait obtenir le soutien du Parlement pour devenir pérenne. Un scénario peu probable, puisque le Mouvement cinq Etoiles et la Ligue sont ensemble majoritaires. S’ils refusent d’accorder la confiance à ce nouveau gouvernement, Carlo Cottarelli devrait malgré tout rester Premier ministre  jusqu’à la fin de l’année, afin de gérer les affaires courantes et de permettre l’organisation de nouvelles élections. L’Italie, qui n’avait pas d’exécutif depuis les élections de mars, a connu la plus longue période sans gouvernement de son histoire depuis la Seconde guerre mondiale.

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