Surveillance dans les abattoirs : 3 questions à l’association L214

Les députés ont voté en faveur d’une expérimentation volontaire de la vidéosurveillance dans les abattoirs. Le gouvernement présente la mesure comme un compromis, mais les associations de défense du bien-être animale dénonce un « écran de fumée ».

A l’occasion des débats sur le projet de loi « agriculture et alimentation », l’Assemblée nationale a voté le principe d’une expérimentation de la vidéosurveillance dans les abattoirs. Cette expérimentation, proposé epar le député Loïc Dombreval (LREM), se fera sur la base du volontariat et ne sera pas obligatoire. Les vidéos seront consultables en interne afin de permettre un autocontrôle.

C’est la notion de volontariat qui fait débat. Olivier Falorni, député non-inscrit, avait déposé un amendement pour rendre la surveillance obligatoire. Une proposition qui a été retoquée. Brigitte Gothière, co-fondatrice de l’association L214 qui milite pour la fermeture des abattoirs, partage la position du député de Charente-Maritimes. Pour elle, l’amendement proposé par Loïc Dombreval est un « écran de fumée ».

Que pensez-vous de l’amendement du gouvernement sur la surveillance des abattoirs ?

Brigitte Gothière : C’est nul. L’expérimentation volontaire est déjà faite par certains abattoirs. L’amendement est une reculade manifeste du gouvernement, par rapport à celui qu’avait déposé Olivier Falorni. On a vu pendant la séance qu’ils parlaient du bien-être des animaux, mais c’est en réalité très décevant. Les promoteurs de l’élevage intensif son tranquilles. Je crois que c’est une opération de communication. Le but est de rassurer les consommateurs pour qu’ils se disent que le contrôle vidéo va être instauré, alors que c’est faux. Ce sont des leurres.

Comment expliquez-vous le revirement du gouvernement ?

Brigitte Gothière : Les producteurs ne veulent pas être contrôlés, car ils savent que ça mettrait en évidence des failles dans les structures, le matériel et la position des ouvriers. Certains abattoirs ont des rythmes trop élevés : les animaux n’ont pas le temps d’être étourdi. Ce sont les filières qui dirigent les politiques. Au lieu de prendre les choses en main et de suivre la population, le gouvernement préfère reculer sur des prétextes bidons. Les services vétérinaires auraient pu s’occuper des contrôles et faire pression, mais ils ne sont pas assez nombreux et n’ont pas le temps. Le gouvernement prétend être transparent, mais ce n’est pas le cas.

Quelles sont les mesures que préconise votre association au sujet des abattoirs ?

Brigitte Gothière : Nous sommes pour l’abolition des abattoirs, mais dans l’état actuel de la société, on sait que ce n’est pas possible. En revanche, les Français sont favorables au renforcement des contrôles. On aimerait davantage de mesures pour contrôler les méthodes d’abattage, car on sait que 80% des abattoirs ne sont pas conformes. Par exemple, les porcs sont étourdis  avec du dioxyde de carbone. C’est censé limiter la souffrance animale, mais les animaux ont l’impression de se noyer et l’acide leur brûle la trachée. On milite activement pour l’interdiction de l’abattage sans étourdissement. Aujourd’hui, aucune des mesures proposées dans cette loi par le gouvernement ne nous satisfait.

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