Violences à l’université de Montpellier : l’enquête livre ses conclusions

Les conclusions de l’enquête administrative sur l’évacuation violente de l’université de droit de Montpellier il y a deux mois accablent le doyen ainsi qu’un professeur. Retour sur l’affaire.

Les dates

15 février : Début du blocage de la fac de Montpellier. Les manifestations étudiantes se multiplient dans les universités du pays pour protester contre la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants (ORE) introduisant la sélection à l’entrée.

22 mars : Dans la nuit, la cinquantaine d’étudiants qui occupait un amphithéâtre de la faculté de droit est violemment expulsée par des hommes cagoulés et armés de bâtons. Sept personnes sont légèrement blessées. Dans la foulée, certains étudiants accusent le doyen de la faculté, Philippe Pétel, d’avoir facilité l’entrée du commando dans l’amphithéâtre. Ils mettent également en cause un enseignant, Jean-Luc Coronel de Boissezon, pour avoir participé à l’expédition punitive.

23 mars : Le lendemain, le doyen Philippe Pétel est suspendu par l’université de Montpellier qui décide dans le même temps de fermer la faculté de droit. Il finit par démissionner tout en niant être impliqué dans l’affaire.

29 mars : Philippe Pétel et Jean-Luc Coronel de Boissezon sont mis en examen dans le cadre d’une enquête pour violence aggravée. Les deux hommes sont placés sous contrôle judiciaire.

3 avril : La faculté de droit rouvre ses grilles.

27 Mai : Le JDD dévoile les conclusions de l’enquête administrative qui charge Philippe Péel pour avoir facilité l’intrusion du commando dans les locaux de la fac de droit. Le rapport d’enquête préconise « d’entamer des mesures disciplinaires à l’encontre du doyen et de l’enseignant mis en cause ».

Les déclarations

« Il y a une copine a moi qui s’est faite fracasser au sol. Elle était au sol dans mes bras, elle va se faire recoudre parce qu’elle a la moitié du crâne déchiqueté. »

Lena, témoin de l’agression, au micro de France 3

Les témoignages se multiplient le soir même de l’évacuation. Face caméra, cette étudiante en classe préparatoire exhibe ses mains tachées de sang.

« Je n’ai pas l’habitude, lorsque je suis agressé, de rester passif. »

Jean-Luc Coronel de Boissezon, répondant aux questions du journal Libération

Ce professeur de droit aurait aidé à l’introduction du commando et au passage à tabac des occupants de l’amphithéâtre, à visage découvert. L’intéressé quant à lui prétend s’être défendu après avoir reçu des coups.

« Des cagoulés, j’en ai vu de temps en temps, mais ils étaient dans le clan des occupants. Je suis assez fier de mes étudiants. Je les approuve totalement. »

Philippe Pétel au micro de France 3 le lendemain de l’évacuation violente de l’amphithéâtre

Pas encore suspendu, le doyen tient des propos ambigus. Il avance que le blocage de l’université était largement contesté par les étudiants et que ce sont eux qui ont permis l’évacuation de la fac de droit.

 

« [La responsabilité de l’ancien doyen], en donnant l’ordre de libérer le passage, d’ouvrir le portillon d’accès au parking et en effectuant plusieurs allées et venues entre le parking et le hall, s’avère pleinement engagée dans l’intrusion du commando cagoulé. »

Les conclusions de l’enquête sont rapportées par le Journal du Dimanche. Elles semblent confirmer les premières affirmations des étudiants.

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