Jeff Koons veut le dire avec des fleurs

La sculpture de l’artiste américain Jeff Koons, Bouquet of Tulips, offerte à la France en 2016 suite à la vague d’attentats ne sera pas exposée sur la place de Tokyo dans le seizième arrondissement, a annoncé la mairie de Paris hier à 23 heures.

Une réunion réunissant la ville de Paris, la ministre de la culture Françoise Nyssen et l’artiste américain Jeff Koons s’est tenue hier. Son objet : la sculpture d’un bouquet de tulipes de douze mètres, pesant un total de 33 tonnes. L’intention semblait pourtant louable, Jeff Koons voulait montrer la solidarité américaine envers la France après les attentats de 2015 et 2016.

Depuis l’annonce de ce don en novembre 2016, la polémique n’a cessé d’enfler. Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, des artistes s’insurgeaient contre ce « cadeau empoisonné ». Ils pointaient tout d’abord l’emplacement envisagé pour l’œuvre : la place de Tokyo, sans lien symbolique avec les attentats, et dont la dalle centrale aurait dû être renforcée pour un coup astronomique afin de soutenir le poids du bouquet. Les détracteurs de l’artistes voient également dans ce choix le désir de publicité de Koons qui auraient alors occupé un espace immense en plein cœur du seizième arrondissement.

Publicisation et industrialisation de l’Art
Jeff Koos posant à côté de son Balloon Dog jaune.

Si l’œuvre est critiquée, cela tient aussi à la personnalité de Jeff Koons. L’artiste de 63 ans est certes la grande star de l’art contemporain – avec des pièces parfois cotées à plus de dix millions de dollars – mais est moqué pour le simplisme et le gigantisme de sa production. Le public s’est ainsi plaint de voir ses Balloon Dogs occuper un espace démesuré lors de leur exposition au centre Pompidou. Son mariage avec la Cicciolina, ex-actrice pornographique italienne, et leur mise en scène dans plusieurs œuvres du sculpteur n’ont pas redoré son blason auprès de ses paires. Ces derniers y voit le summum de la publicisation et de l’industrialisation de l’art.

Françoise Nyssen a quant à elle jugé la polémique « excessive et désagréable ». Si l’idée d’exposer l’œuvre sur la place de Tokyo, d’autres emplacements sont envisagés, à commencer par celui du parc de la Villette.

La sculpture « Dirty Jeff on top » (« Jeff le cochon au-dessus) et la photographie « Made in Heaven » (« Fait au paradis ») lors d’une exposition au Tate Museum de Londres en 2009.

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