#SoutienMartine : Pour avoir aidé des migrants, Martine Landry risque 5 ans de prison

Mercredi 30 mai s’ouvre au tribunal de grande instance de Nice, le procès de Martine Landry, une militante d’Amnesty International, jugée pour avoir aidé deux migrants mineurs à rentrer en France. C’est la première fois en France qu’une militante est poursuivie dans le cadre d’une mission de l’organisation.

Son procès a déjà été repoussé trois fois. Martine Landry, 73 ans, bénévole auprès d’Amnesty International et de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) sera finalement jugée ce mercredi 30 mai. Le chef d’accusation : « Avoir facilité l’entrée en France de deux mineurs en situation irrégulière, en ayant pris en charge et convoyé pédes­tre­ment ces deux mineurs du poste-fron­tière côté Italie au poste-fron­tière côté France ».

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En juillet 2017, la police italienne avait renvoyé à pied deux migrants guinéens de 15 ans vers la France. Celle que l’on surnomme« Titine » dit alors être allée attendre leur arrivée à la frontière pour les conduire au poste de la police aux frontières de Menton/Vintimille (Alpes-Maritimes). Elle souhaitait prouver, documents en main, que ces deux mineurs avaient bien fait une demande de prise en charge à l’aide sociale à l’enfance (ASE) et avaient le droit à un accueil en France.

« J’espère bien que le procès aura lieu cette fois-ci et que je serai relaxée », a déclarée Martine Landry au micro de France 3. La militante risque jusqu’à cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

#SoutienMartine

Depuis le début de cette affaire, Martine Landry peut compter sur un important comité de soutien. Un hashtag en son nom #SoutienMartine a même été créé. Elle a bien sûr reçu l’appui d’Amnesty International mais aussi d’autres ONG et associations comme Greenpeace ou Roya Citoyenne.

Un groupe Facebook « Soutien à Martine Landry, poursuivie pour « délit de solidarité » a même été créé pour mobiliser des soutiens devant le tribunal ce mercredi. Ses soutiens devraient se retrouver vers 13h devant le tribunal de Nice. Ils étaient déjà une centaine rassemblés le 14 février lors de sa seconde comparution.

« Délit de solidarité » ?

Le « délit de solidarité » n’est pas un terme juridique reconnu par la loi. C’est en fait un terme militant qui fait référence à l’article L622 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESDA). Selon cette loi, « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France » est en situation de délit et encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 30 000 euros.

Ce n’est pas le premier procès du genre. En août 2017,  Cédric Herrou, membre de l’association Roya Citoyenne a été condamné à quatre mois de prison avec sursis par la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour le même délit. C’est d’ailleurs chez lui que les deux Guinéens aidés par Martine Landry étaient logés, jusqu’à leur interpellation lors d’une perquisition. Ils ont depuis été renvoyés en Italie.

 

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